Le Saut d’eau de Matouba
Le Saut d’eau de Matouba est une randonnée chargée d’histoire dans la mesure où elle rappelle la rébellion de Delgrès à l’habitation d’Anglemont le 28 mai 1802. D’ailleurs, le charme de ce lieu a ravi le poète Saint-John Perse, qui y passait régulièrement ses vacances.
On dit qu’autrefois, en des temps troublés d’esclavage, cet endroit servait de sinistres exécutions pour les esclaves révoltés, jetés dans le vide pour étouffer toute résistance. Un lieu chargé d’histoire, où le passé semble murmurer avec le bruissement de l’eau.
| Difficulté | Moyen * |
| Durée | 15 min |
| Distance | 600m |
| Dénivelé | 34 m |

La randonnée du Saut d’Eau, bien qu’étant accessible, est interdite en raison des fortes intempéries. Pour savoir si la situation a changé, se renseigner auprès de l’office du tourisme de Saint-Claude au 0590 820 930 ou en contactant le parc National de Guadeloupe au 0590 41 55 55.

Contrairement à la plupart des randonnées à Saint-Claude, on n’y accède pas depuis le massif de la Soufrière.
Comment se rendre au Saut d’eau du Matouba ?
Pour se rendre au Saut d’eau du Matouba depuis Saint-Claude, il faut emprunter la N3, puis prendre la route de Morne Savon, juste avant la stèle de Delgrès, avant l’usine de production d’eau de Matouba en tournant à gauche.
Il faudra alors continuer sur environ 400m, puis prendre la deuxième à gauche, vers la route de la Joséphine (vers le panneau Saut d’Eau).
Continuez ensuite tout droit, sans vous poser de questions pendant environ 5 min, jusqu’à arriver à un petit parking que vous ne pourrez pas rater à cause de son panneau d’interdiction. C’est le début du sentier.
Si vous voyez ce petit carbet, vous êtes au bon endroit.

Le sentier débute par une rapide traversée pittoresque à travers les bananeraies, un paysage agricole emblématique de la Guadeloupe.

Après avoir quitté la sérénité des bananeraies, le sentier se corse avec une descente nettement plus escarpée. Cette section teste l’agilité et la prudence des randonneurs, car le chemin peut être glissant, surtout après une pluie. Les marches naturelles formées par les racines et les pierres exigent une attention particulière pour éviter les chutes. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’accès au Saut d’Eau est interdit par arrêté municipal.

La dernière partie de la randonnée se fait dans l’eau, en remontant la rivière Saint-Louis sur une cinquantaine de mètres.

Arrivé à la chute, vous pourrez y faire trempette, mais je vous déconseille de vous approcher de la cascade ou même de tenter un plongeon.
Je vous recommande d’utiliser un objectif grand-angle pour capturer l’ampleur du paysage et un filtre polarisant pour réduire les reflets et intensifier les couleurs. La lumière matinale ou tardive offre les meilleures nuances, influençant significativement la couleur émeraude du bassin. Les conditions météorologiques et l’heure influent sur la teinte de l’eau, révélant une palette changeante qui rend chaque cliché unique. Priorisez ces moments pour des photographies qui captent l’essence vibrante de Matouba.

Le retour s’effectue par le même itinéraire.
Le saut d’eau du Matouba en bref
Une cascade très belle, mais dangereuse et difficile d’accès, voilà tout ce qu’il faut savoir sur cet endroit à l’allure très mystique.
Le sentier menant au Saut d’eau de Matouba est une véritable immersion dans la richesse écologique de la Guadeloupe, offrant aux randonneurs une occasion unique de se connecter avec la nature dans toute sa diversité. À chaque pas, la végétation luxuriante dévoile des aspects fascinants de l’écosystème local, où chaque espèce joue un rôle crucial dans le maintien de l’équilibre naturel.
À la rencontre de la biodiversité
Bananeraies
Les bananeraies que l’on traverse au début du parcours sont emblématiques de l’agriculture tropicale. Ces plantations ne sont pas seulement des lieux de production agricole ; elles sont également vitales pour de nombreuses espèces animales qui y trouvent refuge et nourriture. Le bananier, avec ses larges feuilles, offre un abri contre le soleil et la pluie pour les insectes, les oiseaux et parfois même pour de petits mammifères.
Haies de Sandragons
Les haies de Sandragons, utilisées comme brise-vent autour des bananeraies, sont un autre élément caractéristique du paysage. Ces arbustes robustes ne se contentent pas de protéger les cultures contre les vents forts ; ils servent également de corridor écologique pour les petites espèces, leur permettant de se déplacer en sécurité entre différents habitats.
Impatiences (Impatiens walleriana)
Le sentier est également parsemé d’impatiences, des plantes à fleurs qui ajoutent une touche de couleur à l’environnement verdoyant. Ces fleurs ne sont pas seulement belles à regarder ; elles jouent un rôle important dans la pollinisation, attirant abeilles, papillons et autres pollinisateurs qui sont essentiels à la reproduction des plantes et à la préservation de la biodiversité locale.
Asplundia dussii
En progressant sur le sentier, on peut également observer l’Asplundia dussii, une plante endémique des forêts humides de la région. Son existence est un témoignage de l’écosystème unique de la Guadeloupe, offrant un habitat spécifique pour plusieurs espèces d’insectes et de petits animaux, contribuant ainsi à la complexité et à la richesse écologique de ces forêts.
L’avis des visiteurs
⭐⭐⭐⭐ 4/5 (56 avis au 17 février 2024 – TripAdvisor)
Bien qu’étant interdit d’accès, nombreux sont les vacanciers et locaux qui se rendent au saut d’eau du Matouba, à leurs risques et périls. Les randonneurs saluent la beauté de la chute, mais tous mettent en garde sur la dangerosité de l’accès, notamment par temps de pluie.
Les visiteurs qui s’y sont baignés signalent également de forts courants qui ont tendance à tirer, en s’approchant de la chute.
Mon avis de local
Le saut d’eau du Matouba est l’une de mes cascades préférées :
- Pour plonger dans le bassin de la chute (je ne vous le recommande pas !) ;
- Pour profiter d’une baignade plus tranquille dans les bassins en aval.
Le lieu étant interdit, et difficile d’accès, on y trouve assez peu de monde, et je l’apprécie particulièrement pour la tranquillité qu’on y trouve. On peut d’ailleurs s’y prélasser, en pensant à emporter quelque chose de confortable pour s’assoir dans les rochers.
Quelle alternative au Saut d’Eau du Matouba ?
Pour éviter d’enfreindre l’interdiction, surtout si vous n’êtes pas en bonne condition physique, il existe plusieurs alternatives magnifiques au Saut d’eau de Matouba où vous pouvez profiter de la nature et vous baigner en toute sécurité. Voici quelques lieux de baignades alternatifs qui sauront vous ravir par leur beauté et leur accessibilité :
Les Bains Jaunes
La Cascade aux Écrevisses
Le Bassin Paradise
Les Chutes du Carbet
Le Bassin Bleu
Questions fréquentes sur cet itinéraire
Quelles sont les principales difficultés pour se rendre au saut d’eau de Matouba ?
La présence de falaise et les passages glissants sont les principales difficultés de cette randonnée. Il faut donc être équipé de chaussures adaptées.
La baignade est-elle dangereuse ?
La baignade en elle-même n’est pas dangereuse. En revanche, il est déconseillé de se baigner au pied de la chute, car des tourbillons s’y forment.
